L’assurance-vie : une solution d’épargne aux multiples facettes.

L’assurance-vie : une solution d’épargne aux multiples facettes.

Le système français regorge de règles particulières et de niches fiscales. Les produits d’épargne ne dérogent pas à cette règle. Les épargnants connaissent bien les livrets d’épargne réglementés, à savoir le livret A et le livret développement durable et solidarité (LDDS). Contrairement aux livrets bancaires, ces livrets ne sont pas fiscalisés, les intérêts perçus sont nets d’impôts.

Pour les épargnants qui ont déjà constitué leur épargne de précaution, il existe une enveloppe propre à la France : l’assurance-vie. Cette solution d’épargne bénéficie d’une fiscalité réduite et donne accès à de multiples produits d’investissement. Parfois méconnu du grand public, nous profitons de cet article pour faire la lumière sur le placement le plus attractif pour les épargnants français (voir aussi comment ça marche l’assurance-vie).

Le principe de l’assurance-vie.

L’assurance-vie fonctionne comme une enveloppe au sein de laquelle l’épargnant peut loger différents produits d’épargne : fonds euros ou unités de compte. Et vous pouvez décider de gérer librement (gestion libre) ou de confier un mandat de gestion (gestion pilotée).

Investir en fonds en euros.

 Les Français n’aiment pas les investissements risqués et cela se ressent quant à leur allocation de l’épargne. Ainsi, 80 % des capitaux placés en assurance-vie sont placés dans des fonds en euros. En effet, les fonds en euros sont des fonds à capital garanti. Ils sont gérés par des assureurs et sont très essentiellement constitués d’obligations d’États (titres souverains), on y trouve aussi des obligations de grandes entreprises, dites « investment grade », permettant d’améliorer le rendement global des fonds. En 2018, le rendement des fonds en euros s’est établi entre 1 et près de 3 % selon les assureurs et les fonds. Ce rendement est supérieur à l’inflation mais demeure faible en valeur absolue pour les investisseurs souhaitant voir progresser leur fortune.

Investir en unités de compte.

Pour les investisseurs à la recherche de meilleurs rendements au sein de l’assurance-vie, il est possible de se tourner vers les unités de compte. Les unités de compte sont tous les placements autres que les fonds en euros que les épargnants peuvent loger au sein d’un contrat d’assurance-vie multisupport. Parmi les différentes unités de compte accessibles, on peut citer : les OPVCM, les fonds d’investissements (gestion active on fonds de gestion indicielle), les SCPI, les OPCI.

Les investissements en unités de compte sont plus risqués que les fonds en euros. En effet, il existe un risque de perte en capital dès lors que l’on investit en actions ou dans l’immobilier. Le rendement des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) est de l’ordre de 4,5 %. Concernant les fonds d’investissement en bourse, le rendement est très variable selon les années, il est possible de gagner près de 15 % sur les marchés mondiaux (c’était le cas en 2017) et de perdre autant voire davantage une autre année. À titre d’exemple, l’indice CAC Mid & Small (net return) a perdu 17 % en 2018. La volatilité est importante. À long terme, le marché action est néanmoins une des classes d’actifs offrant les meilleurs rendements, souvent supérieurs à l’immobilier. Il est bien sûr possible d’investir en bourse sans passer par l’assurance-vie (par exemple en passant par un compte-titres ordinaire). Mais ce qui justifie d’investir en bourse ou souscrire des parts de SCPI via l’assurance-vie est la fiscalité très avantageuse de cette enveloppe.

Une fiscalité très attractive.

La fiscalité sur les revenus du capital est plus forte en France que dans beaucoup d’autres pays. Mais sachez qu’il est possible d’adoucir cette fiscalité en logeant son épargne dans un contrat d’assurance-vie. Les avantages fiscaux prennent différentes formes.

Des plus-values non taxées.

Tout d’abord, le souscripteur d’une assurance-vie peut bénéficier d’une fiscalité allégée sur les plus-values et intérêts perçus sur l’assurance-vie. La seule contrainte est d’attendre les 8 ans du contrat avant d’en bénéficier. À partir de cette date, l’épargne peut retirer de l’argent du contrat sans payer d’impôts sur la part des plus-values dans le retrait : un abattement de 4 600 euros par an s’applique (9 200 € par an pour un couple marié ou pacsé). Au-delà de cet abattement, un taux d’imposition réduit de 24,7 % est applicable (contre 30 % pour l’essentiel des revenus du capital).

Attention, ces fiscalités avantageuses ne s’appliquent que pour les plus-values et gains réalisés dans la limite des 150 000 euros de capital investi. Avant les 8 ans du contrat ou bien lorsque le capital investi excède 150 000 euros, le taux classique, celui du prélèvement forfaitaire unique, s’applique : il est de 30% (flat tax). Dans tous les cas, notez que l’épargnant peut également opter pour une imposition au barème de l’impôt, cette option sera avantageuse pour les personnes faiblement imposées. L’imposition au barème de l’impôt s’appliquera alors à tous les revenus du capital. Les épargnants auront tout intérêt à consulter un expert fiscaliste afin de déterminer le mode d’imposition optimal.

L’assurance-vie pour transmettre sans droits de succession.

Le second avantage de l’assurance-vie intervient dans le cas des successions. Un abattement de 152 500 euros s’applique sur les versements réalisés avant les 70 ans du souscripteur. Cet abattement s’applique également pour les transmissions qui ne sont pas en ligne direct (succession d’une tante à une nièce par exemple). Si les versements sont réalisés après les 70 ans du souscripteur, l’abattement sera bien plus faible (30 500 euros et les intérêts ne sont pas imposables). Cela reste néanmoins plus intéressant que si l’argent était déposé sur un compte bancaire ordinaire ou tout autre placement. Ainsi, ou peut transmettre sans taxation et même hors ligne directe.

Le choix du contrat d’assurance-vie.

Les banques constituent souvent le premier interlocuteur vers lequel se tourner en matière de solutions d’épargne. Cependant, elles ne sont pas les seules à proposer des contrats d’assurance-vie. Il existe des courtiers spécialisés offrant des services et des frais tout à fait intéressants. Il est donc recommandé de faire jouer la concurrence et de comparer les offres avant de souscrire un contrat. D’autant plus qu’il n’est pas possible de transférer un contrat d’un établissement à l’autre. Ceci dit, vous pouvez ouvrir plusieurs assurances-vie, il est même recommandé de diversifier ! Les points importants à regarder concernent les frais applicables, la performance des fonds euros et également les produits financiers accessibles via le contrat.

Au sujet des frais, différentes étapes au cours de la vie du contrat peuvent amener à des frais : tout d’abord les frais sur versement. Dans le meilleur des cas, ils sont gratuits, mais peuvent monter à plus de 3 % dans les établissements les plus gourmands (à éviter !). Par ailleurs, au cours de la vie du contrat, des frais s’appliquent chaque année sur la gestion des fonds en euros et des unités de compte (les niveaux de frais sont souvent différents pour ces 2 types de placement, de l’ordre de 0,50 % à 1 % par an). Toujours au cours de la vie du contrat, certains établissements prélèvent des frais d’arbitrage (à éviter encore une fois). N’hésitez-pas à demander le détail et lisez les conditions générales de votre assurance-vie afin de connaître le rendement brut, le niveau des frais et le rendement net.

Le dernier point essentiel concerne les produits financiers que le contrat permet de loger. Même si la performance des fonds en euros n’est pas prévisible d’une année sur l’autre, regarder la performance des années passées permet de voir comment se situe le fonds par rapport à ses concurrents. Pour les investisseurs désireux de s’aventurer sur les unités de compte, pensez à regarder si le contrat donne accès à de bons fonds d’investissements (par exemple des fonds indiciels, alias trackers, ou de la pierre-papier SCPI), et offre un choix de produits suffisant (en particulier si vous souhaitez diversifier vos placements).

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Teddy Coin administrator

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